Pologne

Notation BB2


Risque moyen pour les entreprises

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

Risques conjoncturels

La trajectoire de croissance de la Pologne continue de surperformer le reste de la région. L'activité économique est demeurée robuste, soutenue par une forte demande intérieure, alors même que les conditions extérieures restent atones. L'activité industrielle et celle du secteur de la construction se sont renforcées au cours du quatrième trimestre, tandis que les ventes au détail témoignent de la résilience des dépenses des ménages, en dépit d'un ralentissement de la croissance des salaires, d'une confiance des consommateurs en recul et d'un niveau d'épargne toujours élevé. Les dépenses publiques soutenues, la reprise de l'investissement et une consommation dynamique alimentent la croissance.

Cette dynamique de croissance devrait se poursuivre en 2026, soutenue par d'importants fonds du RRF encore disponibles avant l'expiration du programme, par une politique budgétaire toujours accommodante et des conditions financières assouplies à la suite du cycle de détente monétaire de la Banque nationale de Pologne (NBP). La demande intérieure demeurera le principal moteur, tandis qu'une reprise européenne progressive et une demande accrue dans le secteur de la défense devraient stimuler les exportations. Nous anticipons une croissance du PIB réel de +3,8 % en 2026, avant un ralentissement à +2,6 % en 2027, à mesure que l'absorption des fonds européens ralentira et que les effets de base s'estomperont.

L’inflation reste pour l’instant contenue, soutenue par un indice des prix à la production modérée, un apaisement des tensions salariales et la vigueur du zloty (PLN). L’inflation globale devrait rester faible début 2026 et s’établir en moyenne à 3,1 % en 2026 et 2,9 % en 2027, à mesure que la demande intérieure se renforce. Les risques portent notamment sur les incertitudes liées à la régulation des prix de l’électricité et sur d’éventuelles hausses de fiscalité indirecte, que nous supposons toutefois non mises en œuvre. La politique monétaire devrait rester globalement favorable : la NBP a repris son cycle d’assouplissement en 2025, et nous anticipons une dernière baisse des taux portant le taux directeur à 3,75 % en 2026, niveau auquel il devrait se stabiliser jusqu’en 2027.

La consolidation budgétaire risque de s’avérer difficile. Le gouvernement a revu à la hausse son objectif de déficit budgétaire pour 2025, le portant à 6,9 % du PIB, en raison de recettes inférieures aux attentes (dans un contexte de dépenses sociales déjà élevées et de niveaux record de dépenses de défense). Pour 2026, le gouvernement prévoit un déficit public de 6,5 % du PIB, ce qui ne représente qu'une consolidation limitée. Les recettes prévues pour 2026 devraient progresser par rapport à 2025, principalement grâce à l’augmentation envisagée de la fiscalité sur les banques, à des hausses plus importantes des droits d’accise sur l’alcool et le tabac, à une amélioration des perspectives de croissance et à des modifications du régime de TVA. Parallèlement, les dépenses sociales et de défense devraient rester élevées. Des risques subsistent quant à la mise en œuvre du budget 2026, en raison de l’incertitude entourant le soutien du Président aux hausses des droits d’accise (le Président a toutefois approuvé la hausse des taxes sur les banques, limitant ainsi une dégradation supplémentaire des perspectives budgétaires). Nous anticipons un déficit des administrations publiques qui restera élevé, autour de -6,7 % du PIB en 2026 comme en 2027, reflétant une consolidation limitée et des pressions persistantes liées aux dépenses sociales et de défense. Toute consolidation plus marquée en 2027 reste également incertaine, alors que la Pologne se rapproche de ses prochaines élections générales prévues à l’automne 2027. Cela étant, la solidité des perspectives de croissance limite selon nous les risques de dérapage des recettes, ce qui devrait permettre une poursuite de la consolidation budgétaire, certes progressive.

Une forte demande intérieure devrait se traduire par le maintien du déficit des comptes courants au cours des prochaines années, bien qu'une amélioration de la demande à l'exportation puisse entraîner une légère réduction de ce déficit en 2026. Malgré ce « double déficit », d'importants flux de fonds européens et une croissance intérieure robuste devraient continuer de soutenir les notations de crédit.

L’environnement des affaires en Pologne reste nettement supérieur à la moyenne, malgré une détérioration perçue au cours de la dernière décennie. Les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale mettent en évidence un cadre réglementaire globalement favorable aux entreprises, même si les perceptions de corruption persistent et que certains aspects de l’indépendance judiciaire et de l’efficacité du système juridique se sont affaiblis. L’indice de liberté économique 2025 de la Heritage Foundation classe la Pologne au 45ᵉ rang sur plus de 180 économies, reflétant de solides performances en matière de droits de propriété, de liberté d’entreprise, de commerce et d’ouverture des marchés, bien que les dépenses publiques et l’efficacité judiciaire demeurent des points faibles.

La performance environnementale est contrastée. Dans notre Indice exclusif de durabilité environnementale, la Pologne se classe au 56e rang sur 210 économies. Le pays bénéficie d’une faible intensité énergétique et d’émissions modérées par unité de PIB, ainsi que d’un stress hydrique relativement limité, mais souffre d’un retard dans la production d’électricité renouvelable, de faibles taux de recyclage et d’une exposition aux perturbations liées au climat. La poursuite des investissements dans la sécurité énergétique et la décarbonation demeure essentielle pour préserver la compétitivité, à mesure que la politique climatique de l'UE se durcit.

Les risques politiques se sont atténués à la suite du cycle électoral de 2023-2024 en Pologne, mais demeurent présents. La nouvelle coalition gouvernementale centriste a rétabli des relations constructives avec les institutions européennes, améliorant nettement la prévisibilité de l’action publique et ouvrant la voie au déblocage de fonds européens auparavant gelés. Les réformes judiciaires et les engagements en matière d’État de droit ont contribué à stabiliser les attentes en matière de gouvernance nationale et à renforcer la confiance des investisseurs.

Néanmoins, des vulnérabilités subsistent. La cohésion de la coalition reste fragile, les priorités divergeant en matière d'assainissement budgétaire et de réformes institutionnelles. L’opposition demeure forte et des contestations politiquement motivées du programme gouvernemental ne peuvent être exclues. Une certaine volatilité politique pourrait refaire surface à l'approche des élections législatives de 2027, en particulier si les pressions budgétaires s'intensifient ou si une fatigue des réformes s’installe. Toutefois, par rapport aux dernières années, l’environnement politique est nettement plus stable, avec une orientation pro-européenne claire soutenant la continuité des politiques.

Giovanni Scarpato, Économiste pour l'Europe centrale et de l’Est
Mis à jour en janvier 2025

Faites glisser pour en voir plus

PIB 914,7 milliards USD (Classement mondial : 20, Banque mondiale 2025)
Population 36,6 millions (Classement mondial : 42, Banque mondiale 2025)
Forme de l'Etat République parlementaire
Chef du gouvernement Donald TUSK (Premier ministre)
Prochaines élections 2027 (Législative)
  • Membre de l’Union Européenne
  • Structure sectorielle diversifiée du commerce extérieur
  • Une demande intérieure robuste
  • Finances extérieures résilientes
  • Environnement des affaires sain
  • Progression lente des réformes structurelles
  • Tendance aux mesures de relance budgétaire procycliques
  • Structure régionale du commerce extérieur non diversifiée
  • Fardeau élevé de la dette extérieure

Structure commerciale par destination/origine

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Allemagne 27.1%
1
19.2% Allemagne
République Tchèque 6.1%
2
14.5% Chine
France 6.1%
3
5% États-Unis
Royaume-Uni 5.3%
4
4.7% Italie
Pays-Bas 4.6%
5
3.9% Pays-Bas

Structure commerciale par produit

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Véhicules routiers 10.8%
1
10% Véhicules routiers
Machines, dispositifs et appareils électriques, n.c.a 8.7%
2
7.5% Machines, dispositifs et appareils électriques, n.c.a
Fabrications de métaux, n.c.a 4.6%
3
6.5% Pétrole, produits pétroliers et matières connexes
Machines et équipements de production d'énergie 4.2%
4
4.5% Vêtements et accessoires vestimentaires
Autres machines industrielles et pièces 4.2%
5
4.4% Autres machines industrielles et pièces
Afrique