L’affacturage permet à une entreprise d’obtenir rapidement une avance de trésorerie en cédant ses créances clients en attente de paiement. Pour alléger son BFR et soulager la trésorerie, l’affacturage est devenu en quelques années l’outil de financement court terme favori des entreprises. Pour autant, cet outil a un coût, et son utilisation devrait être réservée en priorité à des circonstances ou des besoins spécifiques. Quand faut-il faire appel à l’affacturage ?
Impayés & Risque client
Quand faut-il faire appel à l'affacturage ?
L’affacturage permet à une entreprise d’obtenir rapidement une avance de trésorerie en cédant ses créances clients en attente de paiement. Pour alléger son BFR et soulager la trésorerie, l’affacturage est devenu en quelques années l’outil de financement court terme favori des entreprises. Pour autant, cet outil a un coût, et son utilisation devrait être réservée en priorité à des circonstances ou des besoins spécifiques. Quand faut-il faire appel à l’affacturage ?
Définition de l'affacturage ?
L’affacturage s’est beaucoup répandu ces dix dernières années. Il y a eu en 2019 près de 50.000 entreprises qui l’ont utilisé en France, et son volume d’encours affiche un taux de croissance de 10% par an (sur les 5 dernières années selon l’ASF, Association française des Sociétés Financières), devant le découvert, la Dailly ou les effets de commerce. Encouragé par les banques, via leurs filiales spécialisées, l’affacturage est devenu aujourd’hui la source numéro 1 de financement à court terme par la mobilisation des créances clients.
Comment fonctionne l’affacturage ?
L’affacturage s’adresse aujourd'hui à la quasi-totalité des sociétés, indépendamment de leur forme juridique, de leur taille ou de leur secteur d’activité. En théorie, même une EURL ou un micro-entrepreneur peut solliciter ce service pour mobiliser ses créances. Dans la pratique, bien que le factor privilégie avant tout la solvabilité et la qualité de signature du débiteur (votre client), il reste attentif à la structure financière de l'adhérent. Pour rassurer la société d'affacturage lors de la mise en place du contrat, l’entreprise doit généralement présenter un capital social raisonnable ou, à défaut, disposer d’un apport en compte courant bloqué, dûment attesté par un expert-comptable. Ces garanties permettent de démontrer le sérieux de la démarche et la solidité de la structure en croissance. Par ailleurs, si cette solution de financement à court terme reste envisageable pour les entreprises faisant l'objet d'une procédure collective (comme un redressement judiciaire), elle est strictement impossible pour les entités en liquidation, car le risque de non-continuité de l'exploitation est trop élevé pour les affactureurs.
Il est crucial de noter que le factoring se concentre exclusivement sur les activités business to business (B2B). Cela signifie que seules les factures émises à destination d’entreprises privées ou d’organismes publics sont éligibles au rachat de créances. Les ventes réalisées auprès de particuliers (B2C) sont systématiquement exclues du dispositif, car le risque atomisé et les modes de recouvrement diffèrent trop des standards du crédit inter-entreprises. Pour être acceptée, chaque facture doit correspondre à une prestation de service ou une vente de marchandises réellement effectuée, sans litige en cours, et atteindre parfois un montant minimal par remise selon les exigences du factor.
Si, à ses débuts en France, l’affacturage était perçu comme un dernier recours pour les entreprises en difficulté, la pratique s’est totalement banalisée. Son utilisation massive par les grands groupes internationaux a transformé son image : c'est désormais un outil de gestion moderne et performant. Cette démocratisation permet de répondre à des besoins variés, allant de l'optimisation du besoin en fonds de roulement (BFR) au financement de l'export, faisant de l'affacturage le partenaire privilégié de la stratégie financière des entreprises dynamiques.
Quels sont les avantages d'investir dans l'affacturage ?
Le principe de l’affacturage est simple : l’entreprise cède ses créances, sitôt émises, à la société de factoring, qui lui verse la majeure partie des montants correspondants, une fois déduits les frais et un montant de garantie. Quand les factures viennent à échéance, le factor se charge d’en récupérer le montant auprès des débiteurs. Une fois les créances honorées, le factor rembourse à l’entreprise les retenues de garantie.
Voilà pour le principe mais, dans les faits, quelles sont les situations dans lesquelles une entreprise fera appel à l’affacturage ?
Quand une PME est en croissance rapide, son chiffre d’affaires augmente vite, mais son Besoin en Fonds de Roulement aussi. Il lui faut acheter davantage de matières premières, constituer des stocks, voire consentir des délais de paiement supérieurs à son habitude pour conquérir un nouveau marché. Pour les entreprises de services, où les ressources humaines sont souvent rares et quelquefois coûteuses, il faut payer chaque mois les salaires et les charges… alors que le temps de règlement moyen d’une facture (le DSO) s’élève dans les faits à 73 jours en France.
Si l’augmentation du BFR est plus rapide que l’augmentation de l’Excédent Brut d’Exploitation, et si la société est insuffisamment capitalisée, la trésorerie d’exploitation devient vite négative : c’est le redoutable effet ciseaux, qui a fait chuter plus d’une entreprise prometteuse.
En mobilisant les créances client, l’affacturage permet aux entreprises en croissance rapide de disposer d’un apport de trésorerie immédiat pour financer leur cycle d’exploitation.
Pour l’entreprise qui a des projets d’investissement, tout comme pour son banquier, l’affacturage apporte une réponse au vieil adage paysan « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». L’appel au factor est ainsi dédié au financement à court terme de l’exploitation, et les concours bancaires sont orientés vers les projets destinés à construire le développement et la rentabilité future : nouvelles capacités de production, achat d’un concurrent, élargissement du portefeuille d’activités, etc.
Dans ces conditions, l’affacturage devient un outil supplémentaire dans la stratégie financière globale de l’entreprise.
Quels sont les inconvénients de l'affacturage ?
Le risque d’impayé existe toujours, tout particulièrement dans des situations économiques difficiles, où l’effet domino peut faire basculer dans le rouge d’excellentes signatures.
Un contrat d’affacturage peut être défini avec ou sans recours. Dans le premier cas, le fournisseur conserve la responsabilité du règlement, et devra rembourser le factor en cas d‘impayé. Dans le second, la créance reste la propriété du factor, qui s’est assuré de son côté, et le fournisseur n’aura pas à le rembourser.
L’entreprise a la possibilité de souscrire une police auprès d’un assureur-crédit extérieur. Une option intéressante à plus d’un titre :
- Si le factor n’a pas recouvert la créance à échéance, c’est l’assureur crédit qui prend en charge les démarches de recouvrement ou d’indemnisation ;
- Le fournisseur conserve la maîtrise de sa relation client ;
- Il bénéficie d’informations sur la santé financière de ses prospects et clients avant d’avoir émis la première facture ;
- Il peut couvrir des opérations à l’exportation y compris en « grand export ».
Quel est le coût de l'affacturage ?
Le coût de l'affacturage représente généralement entre 0,3 % et 4 % du montant total des créances cédées, selon le profil de votre entreprise, votre secteur d'activité et le type d'affacturage choisi.
Concrètement, un contrat d'affacturage comprend deux commissions principales :
- La commission d'affacturage : elle rémunère la gestion des factures, le recouvrement et la couverture contre les impayés. Son taux varie en moyenne entre 0,4 % et 2,5 % du chiffre d'affaires TTC cédé.
- La commission de financement : calculée sur le montant avancé et la durée jusqu'à la date d'échéance, elle fonctionne comme un taux d'intérêt à court terme, généralement entre 1 % et 2 % des sommes financées.
À cela s'ajoutent des frais annexes : frais de dossier (entre 100 et 1 000 €, négociables lors de la mise en place du contrat), frais d'accès à la plateforme de gestion, ou encore participation au fonds de garantie — une réserve bloquée représentant 5 à 15 % des encours, restituée intégralement à la fin du contrat.
Qu’est-ce que l’affacturage inversé ou reverse factoring ?
Contrairement à la solution classique où l’initiative vient du fournisseur, l’affacturage inversé (ou reverse factoring) est déclenché par l’entreprise acheteuse. Dans ce schéma tripartite, vous mandatez une société d'affacturage pour régler vos fournisseurs dès la livraison des marchandises ou la réalisation de la prestation. Le factor paie vos factures sous 24 heures, vous permettant ainsi de préserver vos délais de paiement contractuels tout en offrant à vos partenaires un accès immédiat à la trésorerie. Cette solution, souvent utilisée dans la grande distribution ou l'industrie, renforce la solidité de votre chaîne d'approvisionnement et vous donne un levier pour négocier des remises commerciales pour paiement comptant. Bien que le coût de la commission d'affacturage soit ici supporté par le donneur d'ordre, ce dispositif optimise votre besoin en fonds de roulement (BFR). Pour en savoir plus sur l'évolution réglementaire de cette pratique, vous pouvez consulter notre article expliquant comment la loi PACTE relance l'affacturage inversé.
Quelle est la différence entre l'affacturage et la cession de créance ?
La cession de créance est un mécanisme juridique par lequel vous transférez vos droits sur une créance à un tiers (banque ou factor), qui devient alors l'interlocuteur de votre client pour le paiement. C'est une opération ponctuelle, centrée sur le transfert juridique.
L'affacturage va plus loin. En plus du financement de vos créances, il inclut la gestion du poste clients (relances, recouvrement), et peut intégrer une protection contre les impayés via un fonds de garantie ou une assurance-crédit.
Autrement dit, la cession de créance est un outil juridique et financier, tandis que l'affacturage est une solution de gestion complète — particulièrement adaptée aux structures en croissance ou aux entreprises business to business.
Quels sont les secteurs d’activité éligibles à l’affacturage ?
L’affacturage s’adresse à une très large diversité de métiers, dès lors que l’activité s’exerce en business to business (B2B) ou avec des organismes publics. En tant qu'outil de financement à court terme, il est particulièrement plébiscité dans les secteurs où les délais de paiement pèsent sur le besoin en fonds de roulement. Selon les données d'Allianz Trade, certains domaines d'activité y ont recours de manière intensive pour sécuriser leur développement :
- Le commerce de gros et le négoce : ce secteur, qui fait le pont entre producteurs et détaillants, utilise l’affacturage pour financer ses stocks et accorder des délais de paiement à ses clients tout en préservant sa liquidité.
- L'agroalimentaire : confrontées à des cycles de production spécifiques et à des relations fortes avec la grande distribution, les entreprises de ce secteur utilisent le factoring pour lisser leur trésorerie face à la saisonnalité et aux exigences de règlement.
- L'industrie et le transport : ces activités à forte intensité de capital exploitent l’affacturage pour couvrir leurs charges d'exploitation élevées (salaires, matières premières, carburant) en attendant le règlement de leurs factures.
- Les services aux entreprises et les start-ups : pour une structure en croissance, l'affacturage permet de financer immédiatement le recrutement et les prestations de service.
Si la plupart des secteurs sont éligibles, certaines activités comme le bâtiment (situations de travaux) ou l’informatique (créances fractionnées) font l’objet d’une analyse plus spécifique par les affactureurs en raison de la complexité de leurs facturations. Notez enfin que les ventes aux particuliers (B2C) sont exclues de ce dispositif de financement.
Quels sont les avantages et les enjeux de l'affacturage pour les TPE et PME ?
Longtemps perçu comme une solution complexe réservée aux grands groupes, l’affacturage s’est largement démocratisé pour devenir un levier de croissance stratégique pour les TPE et PME. Aujourd'hui, les affactureurs proposent des offres forfaitaires et digitalisées, parfois accessibles dès 100 000 € de chiffre d'affaires , permettant une mise en place rapide en 24 à 48 heures. Pour une petite structure, l'enjeu principal est de transformer immédiatement ses factures en attente en liquidités pour honorer ses charges fixes (salaires, taxes, fournisseurs) sans dépendre du bon vouloir de ses clients. En déléguant la gestion du poste clients, le dirigeant s'affranchit des tâches chronophages de relance et de recouvrement de créances, tout en sécurisant son activité contre le risque d'impayés grâce à l'intégration d'une assurance-crédit.
Toutefois, le recours au factoring pour une petite entreprise nécessite un arbitrage précis. Si le coût peut paraître plus élevé qu'un découvert classique, il doit être mis en balance avec le gain de temps et la protection offerte. L'enjeu pour la TPE ou PME est de conserver la maîtrise de sa relation client : certaines solutions permettent de garder la main sur les relances pour ne pas interférer avec le lien commercial. En optimisant ainsi son fonds de roulement, l'entreprise préserve sa capacité d'endettement bancaire pour financer ses investissements à long terme plutôt que son exploitation quotidienne. En résumé, l'affacturage s'impose comme un véritable filet de sécurité qui permet aux petites structures de naviguer sereinement dans un contexte économique volatil.
Pourquoi coupler l'affacturage et l'assurance-crédit ?
Loin d'être opposées, l'affacturage et l'assurance-crédit sont deux solutions parfaitement complémentaires pour sécuriser la santé financière de votre entreprise. Alors que l'affacturage répond à un besoin immédiat de financement, l'assurance-crédit agit comme un bouclier stratégique en amont et en aval de la facturation. En associant ces deux outils, vous bénéficiez d'une double expertise : vous optimisez votre trésorerie tout en profitant de la puissance d'analyse d'un assureur-crédit sur la solvabilité de vos acheteurs. Cette synergie permet souvent d'obtenir de meilleures conditions de financement auprès de votre factor, car le risque d'impayé est déjà couvert par une police d'assurance. De plus, l'assurance-crédit offre une protection plus large que le simple cadre des créances cédées, couvrant l'ensemble de votre poste clients et vous permettant de prospecter de nouveaux marchés en toute sérénité grâce à des informations financières fiables. En résumé, si l'affacturage apporte le carburant nécessaire à votre exploitation quotidienne, l'assurance-crédit sécurise votre trajectoire de croissance durable.