Risque pays

Allianz Trade Country Risk Atlas 2026

16/02/2026

  • Selon Allianz Trade, le risque pays mondial s'est amélioré en 2025, avec près de deux fois plus de notations de risque pays relevées que dégradées.
  • Néanmoins, certaines économies clés telles que la France, la Belgique et les États-Unis ont été dégradées, ce qui implique des risques persistants et importants à moyen terme pour les entreprises.
  • La note de la France a été révisée à la baisse de AA1 (niveau de risque le plus faible) à A1 dans un contexte d’incertitudes politiques et de déficit budgétaire important. 

Allianz Trade publie son troisième Country Risk Atlas, une étude phare qui évalue les perspectives économiques, les risques et les opportunités dans 83 pays, représentant environ 94 % du PIB mondial. Il s'appuie sur modèle exclusif d'évaluation des risques, mis à jour chaque trimestre en fonction des dernières évolutions économiques et des données propriétaires d'Allianz Trade. 

« Nos notations fournissent une analyse complète et un aperçu des facteurs économiques, politiques, de l'environnement commercial et du développement durable qui influencent les tendances du risque de non-paiement pour les entreprises à un niveau macroéconomique. Chaque notation combine 17 indicateurs à court terme et 18 indicateurs à moyen terme, et sert de boussole pragmatique aux décideurs dans un monde en proie à de multiples crises, les aidant à naviguer dans la volatilité, à protéger leurs flux de trésorerie et à transformer la conscience du risque en avantage concurrentiel », explique Luca Moneta, Economiste senior pour les marchés émergents chez Allianz Trade.

Depuis près de deux ans, la France fait face à des tensions politiques qui ont accru les incertitudes économiques. Alors que l’adoption définitive du budget 2026 confirme le petit regain de stabilité, la cible de déficit de 5 % semble quelque peu mesurée avec des mesures qui vont dans le sens d’un affaiblissement du potentiel de la croissance française. 

De plus, les défaillances d’entreprises se sont stabilisées à un niveau bien supérieur aux moyennes d'avant pandémie Covid-19. La construction, le commerce de détail et l'hôtellerie restent les secteurs les plus exposés aux faillites, dans un contexte de demande faible et fluctuante des consommateurs et de difficultés persistantes dans le secteur de la construction. 

« En raison du contexte politique et budgétaire, nous avons décidé de dégrader la note de la France de AA1 à A1 en 2025. En effet, le déficit public se réduit très peu et le ratio d’endettement reste sur une trajectoire ascendante. Coté croissance, le PIB français a été freiné par une consommation très faible en 2025, exacerbée par la crise politique. Dans le même temps, l'investissement résidentiel a continué à sous-performer. En revanche, l'investissement des entreprises a accéléré au cours de l'année, porté par la reprise des investissements industriels (notamment dans les biens d'équipement) et dans les technologies de l'information et de la communication alors que la dynamique des exportations s'est renforcée. Nous prévoyons que ces tendances se poursuivront en 2026 : l'augmentation des dépenses de défense et d'infrastructure en Europe profitera aux entreprises françaises du secteur manufacturier, tandis que l'adoption de l'IA pourrait soutenir l'investissement global. Les exportations de matériel de transport devraient également continuer d'accélérer » explique Maxime Darmet, Économiste Senior France chez Allianz Trade.

Malgré une année marquée par d'intenses tensions commerciales et de multiples risques (politiques, géopolitiques et budgétaires), Allianz Trade constate que le risque pays mondial s'est amélioré en 2025, avec 36 pays dont la notation a été relevée et seulement 14 dont la notation a été dégradée. Cette tendance souligne les mécanismes d'adaptation budgétaires, monétaires et commerciaux qui ont tendance à émerger en période de forte incertitude. Parmi les 36 économies dont la note s'est améliorée figurent l'Argentine, l'Équateur, la Hongrie, l'Italie, l'Espagne, la Turquie et le Vietnam

« En 2025, les révisions à la hausse ont été principalement motivées par des fondamentaux macroéconomiques plus solides, soutenus par des politiques budgétaires et monétaires plus accommodantes. Dans plusieurs marchés émergents, l'amélioration des conditions de financement, l'appréciation des monnaies locales et la hausse des prix des matières premières ont permis de lever les restrictions en matière de transferts et de convertibilité, un aspect essentiel du risque politique. Parmi les économies à revenu élevé, l'amélioration de la stabilité politique, la désinflation et la bonne performance commerciale ont renforcé la résilience en Europe (notamment en Allemagne, en Grèce, en Italie et en Espagne) et dans la région Asie-Pacifique (notamment en Corée du Sud et au Vietnam) », déclare Ana Boata, Directrice de la recherche économique chez Allianz Trade.

Si le nombre de dégradations peut sembler faible, il est important de noter qu'il a presque triplé par rapport à 2024 (passant de 5 à 14). En outre, certaines économies clés comme la France, la Belgique et les États-Unis figurent sur la liste, ce qui souligne les difficultés persistantes à moyen terme pour les entreprises. 

« La résilience s'étend, mais des clusters de risques persistent dans des économies importantes. Par exemple, l'année dernière, nous avons constaté une détérioration de l'environnement macroéconomique à moyen terme dans 7 marchés, contre 18 qui se sont améliorés. Cependant, ces détériorations concernent la Belgique, le Brésil, la France et les États-Unis, qui représentent ensemble environ un tiers du PIB mondial, soit dix fois plus que les économies qui ont connu une amélioration. L'économie mondiale traverse l'une de ses périodes les plus turbulentes depuis des décennies, avec une convergence de chocs et de changements structurels tels que l'IA, la démographie, le changement climatique, le commerce et la réglementation. L'incertitude reste élevée et les entreprises doivent adopter une approche sélective, pays par pays, afin de pouvoir développer leurs activités tout en protégeant leurs actifs. Cela souligne la nécessité d'une gestion des risques granulaire et prospective qui va au-delà des notations générales. Une surveillance continue des conditions de transfert et de convertibilité, des trajectoires budgétaires et des expositions commerciales sera essentielle pour anticiper les points de basculement », conclut Aylin Somersan Coqui, CEO d'Allianz Trade.

Pour en savoir plus et découvrir tous nos profils et notations de risques pays, consultez le Country Risk Atlas !

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