Scénario économique 2026-2027

Scénario économique 2026-2027 : pousser les limites

20/01/2026

Comme chaque trimestre, les experts Allianz Trade mettent à jour leur scénario économique mondial :

La croissance du PIB mondial reste forte... pour l'instant.

L’économie mondiale continue d’afficher une croissance robuste, portée par un contexte post-pandémique encore dynamique, avec un PIB mondial attendu à +2,9 % en 2026 et +2,8 % en 2027, après une solide progression de +3 % en 2025. Cette amélioration s’explique en grande partie par la vigueur relative des États-Unis et de la Chine, qui représentent plus des deux tiers de la révision à la hausse des prévisions.

En Chine, la croissance a dépassé les attentes, soutenue par une demande extérieure plus forte que prévu (et des importations modérées). Cette hausse a été alimentée par l'anticipation des achats américains au premier semestre, le réacheminement stratégique pour contourner les droits de douane, l'expansion des parts de marché dans le reste du monde, une monnaie plus faible et des prix compétitifs. Dans le même temps, la demande intérieure peine toujours à se redresser de manière durable, et de nouvelles mesures de soutien sont nécessaires et devraient être annoncées d'ici le premier trimestre 2026. Dans ce contexte, et compte tenu de la surcapacité de nombreux secteurs, les pressions sur les prix restent faibles.

Globalement, les flux commerciaux mondiaux ont surpris positivement. La moitié de l'amélioration de nos prévisions de croissance du commerce (de +2 % à +3,5 % en 2025 et de +0,6 % à +1,3 % en 2026) est due à la baisse des droits de douane, aux stratégies de réorientation et d'atténuation des entreprises, ainsi qu'à la forte augmentation des investissements liés à l'IA. Dans l'ensemble, la guerre commerciale a ramené le volume des conteneurs à ses niveaux élevés de 2017, principalement sous l'impulsion de l'Asie.

Toutefois, des risques importants persistent :

  • Risques institutionnels (indépendance des banques centrales, protectionnisme, incertitudes politiques) ;
  • Tensions géopolitiques continues ;
  • Risques financiers liés à une possible correction des valorisations technologiques, aux pressions sur le dollar et aux marchés du crédit privé.

Une croissance à deux vitesses aux Etats-Unis

L’économie américaine est aujourd’hui à « deux vitesses », avec un impact de la guerre commerciale moins sévère que prévu (estimé à -0,6 point en 2025 contre -1,6 point auparavant). La baisse effective des tarifs via des exclusions sectorielles et des accords commerciaux stratégiques avec des partenaires clé a aidé à atténuer cette pression.

Un moteur clé de cette performance est le secteur de l’information et des communications, notamment lié à l’intelligence artificielle (IA), qui a contribué à plus de la moitié de la croissance du PIB en 2025 et devrait continuer à soutenir la croissance en 2026.

Pour 2026, nous avons révisé à la hausse nos prévisions de croissance du PIB américain à +2,5 %, soutenu par un consommateur plus résilient, une impulsion de crédit plus forte et l'impact positif de l'IA.

Les entreprises en phase d’adaptation

L’année 2026 s’annonce dynamique mais contrastée pour les entreprises :
  • Les résultats des entreprises américaines ont progressé de +15 % au troisième trimestre 2025, et les investissements en IA au niveau mondial devraient atteindre 571 milliards de dollars, signalant une montée en capitalisation technologique. 
  • En Europe, le redressement est principalement porté par les secteurs technologique et pharmaceutique, tandis que l’automobile accuse un retard important.
  • Les bilans d’entreprise restent globalement solides, bien que les coûts de refinancement tendent à augmenter. De nombreuses sociétés ayant réduit leur endettement disposent d’une marge de manœuvre pour financer des investissements nécessaires.

Une reprise modérée en France

En France, la croissance devrait s'accélérer modérément pour atteindre +1,1 % en 2026, grâce à la reprise des investissements des entreprises et des exportations et cela malgré un contexte politique intérieur complexe et d’un budget qui n’est pas encore voté. En effet, la France continue de faire face à un déficit important et à une incertitude budgétaire, les efforts de consolidation des finances publiques étant compliqués par les pressions politiques et les demandes budgétaires concurrentes.

Dans le même temps, l'investissement résidentiel a continué à sous-performer. En revanche, l'investissement des entreprises s'est accéléré tout au long de l'année, sous l'effet d'une reprise des investissements industriels (notamment dans les biens d'équipement) et dans les technologies de l'information et de la communication. De plus, la dynamique des exportations s'est renforcée. Nous prévoyons que ces tendances se poursuivront en 2026 : l'augmentation des dépenses de défense et d'infrastructure en Europe profitera aux entreprises françaises du secteur manufacturier, tandis que l'adoption de l'IA pourrait soutenir l'investissement global. Les exportations de matériel de transport devraient s'accélérer.