Export et recouvrement

27/01/2026

  • L’indice de complexité du recouvrement 2026 d’Allianz Trade s'établit à un niveau « élevé » de 47,2/100.
  • L'Arabie saoudite, le Mexique et les Émirats arabes unis sont les pays les plus complexes pour les exportateurs à l’échelle mondiale en matière de recouvrement de créances commerciales.
  • 1 100 milliards de dollars de créances commerciales internationales se trouvent dans des pays présentant un risque « très élevé » ou « grave ».
  • Pour les exportateurs français, il est plus complexe de recouvrer ses créances en Chine, en Slovaquie et en Inde.

Allianz Trade publie la 4e édition de son indice de complexité de recouvrement1, qui évalue clairement la facilité ou la difficulté pour les entreprises de recouvrer leurs factures impayées dans 52 économies représentant 90 % du PIB et du commerce mondiaux. Selon le leader mondial de l'assurance-crédit, la complexité mondiale du recouvrement s'établit à un niveau « élevé » de 47,2 sur 100.

L’indice de complexité de recouvrement comporte quatre niveaux : « notable » (score inférieur à 40), « fort » (entre 40 et 50), « très fort » (entre 50 et 60) et « sévère » (supérieur à 60). La moyenne mondiale est légèrement inférieure à celle de l'édition 2022 (49/100) et reflète une répartition plus étroite des risques : une proportion plus faible de pays se trouvent désormais dans les catégories « sévère » (15 % contre 16 % en 2022) et « très fort » (21 % contre 29 %), tandis que la part des catégories « fort » (29 % contre 24 %) et « notable » (35 % contre 31 %) a augmenté. Toutefois, avec le nombre élevé de défaillances d'entreprises à l’échelle mondiale et l'aggravation de la fragmentation mondiale dans un contexte d'évolution des modèles commerciaux, de protectionnisme volatile, de tensions géopolitiques et de risques numériques croissants, le recouvrement de créances devrait devenir de plus en plus complexe pour les entreprises, en particulier pour les exportateurs.

« Nous estimons que 48 % des créances commerciales internationales se trouvent dans des pays où la complexité du recouvrement est « très forte » (22 %) ou « sévère » (26 %). Par rapport à 2022, cela représente une augmentation limitée (+1 point de pourcentage), mais une hausse significative en valeur absolue, qui atteint 1 100 milliards de dollars, en raison de l'expansion du commerce mondial. Les procédures de défaillances continuent de représenter la majeure partie de la complexité du recouvrement dans toutes les régions. Les pratiques de paiement locales se distinguent notamment comme le principal facteur de complexité du recouvrement au Moyen-Orient, tandis que les complexités liées aux tribunaux sont moins fréquentes en Europe occidentale qu'au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine. Ces facteurs structurels expliquent pourquoi le recouvrement international de créances reste un processus difficile dans le monde entier », déclare Fabrice Desnos, Membre du Comité Exécutif Groupe en charge de Credit Intelligence, Reinsurance et Surety chez Allianz Trade.

Compte tenu des pratiques de paiement locales, des procédures judiciaires et des cadres de défaillances, Allianz Trade constate que l'Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal sont les trois pays où il est le plus facile de recouvrer des créances internationales, tandis que l'Arabie saoudite, le Mexique et les Émirats arabes unis restent les plus difficiles.

« Le recouvrement international de créances est presque trois fois plus complexe en Arabie saoudite qu'en Allemagne... mais cette dernière n'est pas sans complexités en matière de recouvrement international. Dans ce contexte, l'écart entre les économies avancées et les marchés émergents s'est progressivement réduit au fil du temps, notamment en Asie, mais il subsiste. La plupart des économies avancées présentent un niveau « notable » de complexité en matière de recouvrement. En moyenne, le Moyen-Orient et l'Afrique sont les deux régions les plus complexes », explique Pascal Personne, Head of Group Claims and Collections chez Allianz Trade.

Dans le contexte des changements structurels du système commercial mondial, de nouveaux hubs commerciaux émergent, devenant des maillons de nouvelles routes commerciales, ainsi que de nouveaux pôles de fabrication. Cependant, malgré leur attrait, le recouvrement des créances reste un défi pour les exportateurs vers ces marchés, s'ajoutant aux risques pays existants.

« Dans un monde divisé par la géopolitique, le protectionnisme et les effets du changement climatique, le commerce mondial trace de nouvelles voies. Mais les « hubs commerciaux de nouvelle génération » émergents, notamment les Émirats arabes unis, le Vietnam et la Malaisie, présentent un niveau de complexité de recouvrement « sévère », avec un score moyen de 62. Si ces marchés sont de plus en plus importants dans le contexte actuel, cela nécessite une approche sélective et une gestion rigoureuse du crédit lorsque l'on envisage d'y développer ses activités », ajoute Maxime Lemerle, Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.

Depuis la précédente édition de notre étude en 2022, l’indice de complexité de recouvrement de la France est stable au niveau « notable », le plus bas. Le comportement de paiement des entreprises françaises est bon, mais pourrait encore être amélioré : le DSO moyen français ne correspond pas aux régulations imposées par l’Union Européenne en matière de paiements entre entreprises. Les tribunaux français sont efficaces et parviennent à résoudre les litiges dans des délais raisonnables. Toutefois, une fois que le débiteur est déclaré insolvable, il devient extrêmement difficile de recouvrer l’impayé, car la loi française protège le débiteur tant que la procédure collective n’est pas terminée.

Par ailleurs, l’exposition des exportateurs français à la complexité du recouvrement international est peu élevée : parmi les 18 principaux partenaires commerciaux de la France, 10 pays ont une note de complexité du recouvrement « notable », 4 ont une note « forte » et 3 une note « très forte ». Un pays seulement obtient une note « grave » : la Chine. Pour les exportateurs français, il est ainsi plus complexe de recouvrer ses créances en Chine, en Slovaquie et en Inde.

Enfin, sur ce top18, 5 pays représentent près de la moitié des exportations françaises : l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Sur ces 5 pays, 4 ont une note notable, seule l’Italie ayant une note « forte ».

L’indice de complexité de recouvrement d'Allianz Trade mesure le niveau de complexité des procédures internationales de recouvrement de créances dans chaque pays, sur une échelle de 0 (le moins complexe) à 100 (le plus complexe). Ce score combine l'avis d'experts (340 spécialistes du recouvrement d'Allianz Trade à travers le monde) et plus de 40 indicateurs objectifs.