Risque moyen pour les entreprises
Algérie
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Situation économique
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Risques politiques
Après une accélération en 2025, portée par la hausse des prix mondiaux du gaz naturel, la croissance du PIB algérien devrait ralentir en 2026 et 2027, pour atteindre respectivement +2,9 % et +2,7 %. Le gaz naturel demeure le pilier central de l’économie algérienne : il alimente la quasi-totalité de la production électrique nationale et constitue une source essentielle de recettes d’exportation et de revenus publics. Les livraisons de gaz se répartissent entre le gaz naturel liquéfié (GNL) et les exportations par gazoduc. Deuxième fournisseur de gaz par gazoduc de l’Europe après la Norvège, l’Algérie a renforcé son importance stratégique sur le marché gazier européen depuis 2022, notamment grâce aux gazoducs Medgaz d’Espagne et Transmed en Tunisie et l’Italie. Les exportations de GNL devraient progresser à moyen terme, à mesure que les installations vieillissantes sont modernisées. La France et la Turquie restent les principaux clients gaziers de l’Algérie, mais le pays a également diversifié ses débouchés vers l’Europe de l’Est et le Royaume-Uni. Les exportations de pétrole brut, deuxième poste d’exportation du pays, ont reculé de 10 % depuis 2022 en raison du vieillissement des champs pétroliers. En 2026, la production devait repartir à la hausse, mais la surabondance de l’offre sur le marché a conduit l’OPEP à suspendre les relèvements de quotas, ce qui pourrait peser sur l’activité économique. Le pays cherche progressivement à accroître ses capacités de raffinage, avec une nouvelle raffinerie attendue en 2027, ce qui pourrait renforcer son rôle de hub énergétique en Méditerranée.
L’inflation en Algérie est passée en territoire négatif à la mi-2025, avec un taux annuel attendu autour de 2 %. Les prix suivent une trajectoire baissière depuis le pic de 9,3 % atteint en 2023. L’inflation devrait toutefois remonter à 3,5 % en 2026, en partie sous l’effet de la hausse des prix de détail des carburants intervenue en janvier 2026, même si ceux-ci restent relativement bas. Par ailleurs, l’augmentation du salaire minimum en 2026 devrait également alimenter les pressions haussières sur les prix. En août 2025, la Banque d’Algérie a abaissé son taux directeur de 25 points de base, à 2,75 %, et réduit le ratio de réserves obligatoires à 2 %. Ces mesures visent à stimuler le crédit bancaire et à soutenir la croissance économique, notamment dans les secteurs hors hydrocarbures.
Le dinar algérien s’est déprécié face au dollar américain en 2025, et a enregistré une baisse plus marquée encore face à l’euro sur la même période. Cette évolution reflète la performance plus fragile de cette économie exportatrice de pétrole par rapport à d’autres devises africaines. Certaines estimations suggèrent que le taux de change parallèle du dinar face au dollar pourrait être inférieur de plus de 60 % au taux officiel, ce qui met en évidence des risques importants, notamment des tensions sur les équilibres extérieurs et une possible surévaluation du taux de change officiel.
Malgré l’augmentation des revenus des hydrocarbures, notamment issus du gaz, le gouvernement algérien continue de peiner à équilibrer son budget et s’engage sur une trajectoire similaire à celle qui a précédé la crise de 2014-2016, démontrant les échecs du modèle économique du régime actuel. Le solde fiscal de l’Algérie s’élevait à –11,5 % en 2025, le plus important de tous les exportateurs de pétrole dans la région MENA, et il devrait augmenter près de -12 % en 2026. Le ratio dette/PIB devrait avoir augmenté de 12 % en glissement annuel en 2025, et il devrait atteindre 80 % du PIB d’ici 2030.
Sur le plan extérieur, le solde du compte courant de l’Algérie est tombé à des niveaux négatifs à -3,7 % du PIB en 2025, et il est prévu qu’il s’améliore légèrement en 2026 à -3,5 %. Les importations ont augmenté de 25 % au premier semestre 2025 par rapport à l’année précédente, notamment en raison de l’augmentation des importations alimentaires, de machines et d’équipements de transport ainsi que de la dépréciation du Dinar. Les recettes à l’exportation ont ralenti en raison de la baisse des prix du pétrole. En conséquence, l’Algérie a introduit de nouvelles restrictions à l’importation à l’été 2025, alors que les devises de la banque centrale ont commencé à baisser à nouveau après avoir augmenté par rapport aux plus bas de 2021. Bien que les exportations non hydrocarbures aient augmenté de 12 % en glissement annuel, elles restent trop faibles, atteignant environ 4 % du total des exportations.
Dans une démarche inhabituelle face à une faible liquidité, l’Algérie a fait appel à la Banque africaine de développement pour financer la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire qui devrait relier la capitale Alger aux régions du sud susceptibles d’extraction minérale, dans le cadre de la diversification. La dette extérieure algérienne ne représente que 3 % du PIB (une grande partie étant l’allocation des SDR par le FMI). Cela ouvre la porte à des accords potentiels avec d’autres prêteurs internationaux, à la fois multilatéraux — notamment de la banque de développement de la BRIC, puisque le dernier programme de financement du FMI remonte à 1995 — et bilatéraux, l'Algérie entretenant des liens étroits avec Pékin. En septembre 2025, l’Algérie a également annoncé l’émission de sa première obligation sukuk, visant à lever 2,3 milliards USD auprès des investisseurs nationaux.
L’environnement commercial algérien reste difficile, façonné par une lente diversification économique et un système financier dominé par l’État. Le FMI souligne que les liens étroits entre l’État, les entreprises publiques (SOE) et les banques publiques dépassent le crédit au secteur privé, surtout lorsque les besoins en financement public augmentent. Les prêts à forte non-performance (NPL), représentant plus de 20 % du total des prêts, limitent encore la volonté des banques de prêter aux entreprises privées, renforçant ainsi les liens étroits entre le secteur souverain et le secteur bancaire.
Bien que le gouvernement ait introduit des réformes, dont une nouvelle loi sur l’investissement, le risque de mise en œuvre est élevé, et ces mesures n’ont pas encore significativement amélioré la concurrence ni les flux d’investissements directs étrangers (IDE). L’incertitude réglementaire, l’évolution des politiques et les mesures protectionnistes continuent de dissuader les investisseurs étrangers. Malgré les progrès récents, le climat des affaires algérien reste caractérisé par une forte intervention de l’État, un accès limité au crédit pour les entreprises privées et des réglementations imprévisibles. L’amélioration durable nécessitera des réformes plus profondes de la gouvernance, de la concurrence et du secteur financier afin de libérer l’investissement privé et de favoriser une économie plus dynamique et diversifiée.
En septembre 2025, le Premier ministre Sifi Ghrieb a été nommé pour former un nouveau gouvernement à la suite des élections à la Chambre haute au printemps 2025. Ces développements ne devraient pas entraîner des changements significatifs dans le régime, surtout après que l’élection de 2024 a reconduit le président Tebboune avec 94 % des voix. La dissidence sociale a été réprimée en 2025, notamment après que des mouvements orientés vers la jeunesse ont tenté de mobiliser des manifestations, suivant des mouvements similaires à travers l’Afrique et l’Asie du Sud.
Bien que la croissance macroéconomique soit forte depuis 2021, les inégalités persistent en Algérie. Les derniers chiffres officiels du chômage ont été rapportés juste au-dessus de 11 %, mais on estime qu’entre 30 % et 40 % de la population active totale est informelle. La participation des femmes à la population active est encore plus faible, et des disparités importantes existent entre les zones rurales et urbaines. La frustration des jeunes reste élevée en raison du manque d’opportunités et des taux de chômage plus élevés, ce qui contribue à une forte évasion des cerveaux compte tenu des taux élevés d’alphabétisation.
Les relations avec la France restent complexes. Tout au long de 2025, les relations ont connu des tensions importantes, avec des querelles diplomatiques, des expulsions réciproques de personnel diplomatique, et des différends sur des questions telles que la coopération migratoire et l’accord migratoire de 1968 qui régissaient historiquement la mobilité entre les deux pays. En 2026, ces dynamiques complexes devraient se poursuivre. À l’international, l’Algérie se positionne comme une puissance régionale autonome avec de forts liens historiques avec le Sud global. Ces dernières années, les liens de l’Algérie avec la Chine se sont considérablement renforcés ; les importations dépassent 11 milliards de dollars américains, et un partenariat stratégique a été signé englobant le commerce, les infrastructures et l’investissement industriel. La vaste géographie riche en ressources de l’Algérie pourrait offrir de grandes opportunités dans le secteur minier, notamment pour les matières premières nécessaires à la transition énergétique et à la course à l’IA. Cependant, les préoccupations concernant l’environnement des affaires pourraient dissuader les entreprises étrangères de participer, ce qui pourrait freiner l’activité économique dans le pays.
Lluis Dalmau, Economiste pour le Moyen Orient et l’Afrique
Mis à jour en février 2026
Informations générales
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| PIB | 263.6 milliards USD (Classement mondial : 50, Banque mondiale 2025) |
| Population | 46.8 millions (Classement mondial : 33, Banque mondiale 2025) |
| Forme de l'Etat | République semi présidentielle |
| Chef du gouvernement | Abdelmadjid Tebboune (Président) |
| Prochaines élections | 2029 (Présidentielle) |
Forces et faiblesses
Forces
- Premier producteur de gaz naturel en Afrique et deuxième plus grande réserve de la région, avec des réserves estimées à 28 ans au rythme actuel d’extraction.
- Deuxième fournisseur de pétrole de l’Europe par gazoduc et fournisseur de GNL en croissance.
- Fort potentiel dans la production d’énergies renouvelables et l’exploitation minière.
Faiblesses
- La baisse de la production et des revenus liés aux hydrocarbures pèse sur les équilibres budgétaires et extérieurs.
- La montée du risque social, alimentée par des mouvements de protestation portés par la jeunesse.
- L’absence de véritable diversification économique fait peser des risques sur les perspectives de long terme, notamment dans le secteur bancaire.
Structure commerciale
Structure commerciale par destination/origine
(% du total, 2024)
| Exportations | Rang | Importations |
|---|---|---|
|
Italie
23.7%
|
1 |
22.3%
Chine
|
|
France
14.4%
|
2 |
6.7%
Italie
|
|
Espagne
12.3%
|
3 |
6.6%
France
|
|
Turquie
12.3%
|
4 |
6.4%
Brésil
|
|
Etats-Unis
4.9%
|
5 |
5.4%
Turquie
|
Structure commerciale par produit
(% du total, 2024)
| Exportations | Rang | Importations |
|---|---|---|
|
Pétrole, produits pétroliers et matériaux connexes
50.8%
|
1 |
9.1%
Fer et acier
|
|
Gaz, naturel et manufacturé
41.9%
|
2 |
6.9%
Autres machines industrielles et pièces
|
|
Produits chimiques inorganiques
1.5%
|
3 |
5.5%
Véhicules routiers
|
|
Engrais hors groupe 272
1.4%
|
4 |
5.5%
Céréales et préparations à base de céréales
|
|
Sucre, préparations à base de sucre et miel
0.8%
|
5 |
4.8%
Fabrications métalliques (n.c.a.)
|
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