Égypte

Notation C2


Risque sensible pour les entreprises

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

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Risques conjoncturels

L'économie égyptienne devrait poursuivre sur sa lancée d'une croissance soutenue, atteignant +4,7 % en 2026 et +4,8 % en 2027, après avoir progressé de +4,6 % en 2025, marquant ainsi son redressement après la crise monétaire de 2023-2024 et les répercussions du conflit entre le Hamas et Israël. Cette dynamique actuelle est alimentée tant par la demande intérieure qu'extérieure, ainsi que par les succès enregistrés dans la mise en œuvre des réformes structurelles. La demande intérieure a été stimulée par une forte croissance démographique, une augmentation des arrivées touristiques (le secteur du tourisme a progressé de +20 % en 2025 en glissement annuel) et la consommation publique. Les exportations ont également enregistré une croissance vigoureuse en 2025 (+18 %), notamment dans les secteurs de l'agriculture, du gaz, du textile et de la chimie. Parallèlement, la croissance a été soutenue par une livre égyptienne plus compétitive, ainsi que par l'accès à de nouveaux marchés d'exportation, en particulier grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine récemment signée. Le gouvernement a, par ailleurs, continué de promouvoir les réformes de marché, bien qu'à un rythme plus lent que ne le souhaiteraient les investisseurs.

L'inflation s’est ralentie tout au long de l'année 2025, s'établissant en moyenne à 14 %, le dernier chiffre publié pour novembre 2025 atteignant 12,3 %. Pour 2026, nous anticipons une nouvelle baisse de l'inflation, avec une moyenne de 10,5 %, bien que les prix des produits alimentaires devraient commencer à remonter d'ici la fin de l'année. La Banque centrale d'Égypte devrait poursuivre l'assouplissement progressif de son taux directeur en 2026, avec une baisse attendue de 200 points de base, faisant suite à la réduction de 100 points de base opérée en décembre 2025. Après un début d'année marqué par la volatilité, notamment autour du « Jour de la Libération » du 2 avril, la livre égyptienne a gagné en dynamisme, terminant l'année 2025 en progression de 7,43 %, tout en restant toutefois inférieure de 30 % à sa valeur du début de l'année 2024.

La Banque centrale d'Égypte a tout récemment reçu un transfert supplémentaire de 3,5 milliards de dollars américains de la part du Qatar, dans le cadre d'un accord de développement portant sur un projet immobilier et touristique de luxe sur la côte méditerranéenne de l'Égypte, une opération s'inscrivant dans un ensemble global évalué à 7,5 milliards de dollars. Il s'agissait là du dernier transfert en date, faisant suite à celui de 35 milliards de dollars effectué par les Émirats arabes unis en 2024. Fin 2025, le FMI est également parvenu à un accord au niveau des services avec Le Caire concernant le cinquième et sixième revue de son programme, ce qui devrait permettre le déblocage de deux nouvelles tranches de ce programme d'un montant total de 8 milliards de dollars.

La position extérieure de l'Égypte devrait s'améliorer légèrement, tout en demeurant déficitaire à -4,3 % en 2026, après -5,1 % en 2025. Les importations d'énergie et la faiblesse persistante des exportations de gaz ont largement contribué à ce déficit extérieur, l'Égypte restant un importateur net de gaz. Par ailleurs, le trafic du canal de Suez n'a pas progressé (alors qu'une telle hausse pourrait générer des recettes supplémentaires de 8 milliards de dollars pour le pays). Sur une note plus positive, les envois de fonds ont enregistré une croissance de 42 % entre janvier et octobre 2025, atteignant 33,9 milliards de dollars, sous l'impulsion de la solide performance économique de la région du Golfe.

La performance budgétaire est restée obérée par le service de la dette, le solde global s'établissant à -10 % en 2025. Il devrait s'améliorer légèrement pour atteindre -8 % en 2026. Parallèlement, le solde primaire est demeuré excédentaire, à 3,5 % du PIB. Les recettes publiques ont continué de progresser, bien qu'elles soient restées inférieures aux normes internationales, le ratio recettes fiscales/PIB s'établissant à 12 %.

En 2024, la dette publique totale de l'Égypte s'élevait à 97 % du PIB, un niveau historiquement élevé, alors même que le pays a entamé une phase accélérée de désendettement, réduisant le ratio dette/PIB de plus de 5 % par an. Ce ratio devrait atteindre 80 % en 2027. Ces efforts ont commencé à atténuer les pressions de financement pesant sur l'Égypte : les coûts des *Credit Default Swaps* (CDS) ont chuté de plus de 50 % à l'horizon 2025, tandis que les rendements des obligations d'État ont reculé de 22 % au cours de la même période. En conséquence, les agences de notation ont commencé à relever les perspectives de l'Égypte. En octobre 2025, l'Égypte a sollicité les marchés internationaux par le biais d'une émission de sukuk en deux tranches, pour un montant total de 1,5 milliard de dollars américains. Il a également été rapporté que l'Égypte envisageait l'émission d'un Eurobond pouvant atteindre 4 milliards de dollars américains au cours de l'exercice 2026-2027. L'Égypte continue toutefois de faire face à d'importants défis de liquidité, avec des échéances de dette représentant jusqu'à 7 % de sa dette extérieure à honorer en 2026 et 2027.

Parallèlement aux 5e et 6e revues du programme du FMI, le gouvernement égyptien a annoncé l'approbation attendue d'un ensemble de mesures de simplification fiscale. Celles-ci allègent la charge fiscale pesant sur les PME et offrent de nouvelles incitations concernant les plus-values, ainsi que de nouveaux remboursements de TVA, afin de soutenir la croissance. Dans le but d'accroître la participation du secteur privé à l'économie et de consolider les recettes à court terme, l'État égyptien a élaboré, de concert avec les bailleurs de fonds internationaux, un plan de privatisation visant à mettre aux enchères, de manière partielle, 35 entreprises détenues par l'État ou l'armée sur la Bourse du Caire. Au cours de l'année 2025, plusieurs entreprises ont fait leur entrée en bourse, notamment Wataniya Petroleum. Plusieurs autres entreprises, relevant notamment des secteurs du tabac, des télécommunications et de la chimie, devraient être introduites en bourse, partiellement ou totalement, au cours de la période 2026-2027.

À la suite des répercussions économiques de la pandémie et de la guerre en Ukraine, les dirigeants égyptiens ont pris des mesures pour renforcer certaines capacités nationales dans les secteurs manufacturier et agricole. L'Égypte a massivement investi dans des entreprises sous contrôle militaire au sein de l'industrie textile, afin de moderniser ses filatures et ses ateliers de tissage dans le nord du Caire et d'accroître ainsi son volume d'exportations. L'Égypte est un important exportateur de vêtements vers les États-Unis, avec lesquels elle bénéficie d'un régime d'exemption de droits de douane pour son industrie de la maille. Dans le secteur agricole, le pays a lancé un plan ambitieux visant à récupérer 6 millions de mètres carrés de terres sur le désert afin d'accroître la production alimentaire dans le bassin du Nil ; une initiative toutefois confrontée à des défis de taille, compte tenu de la hausse des températures et des différends persistants relatifs à l'eau avec ses voisins situés en amont du bassin du Nil.

Le principal défi de l'Égypte demeure une croissance durable à moyen et long terme, afin d'assurer emploi et prospérité à une population qui devrait presque doubler d'ici 2050. Le Caire devrait voir sa population augmenter de 10 millions d'habitants au cours des 25 prochaines années. Dans le cadre de son plan actuel à l'horizon 2030, les dirigeants égyptiens ont désigné l'énergie, tant renouvelable que le gaz naturel, ainsi que l'agriculture et l'industrie manufacturière, comme les principaux moteurs économiques du pays. En matière d'énergie, l'Égypte collabore avec des partenaires européens afin de s'imposer comme un hub énergétique régional ; cette stratégie inclut notamment la construction d'un gazoduc reliant la Grèce à l'Égypte, un accord avec la Turquie pour la fourniture de GNL, ainsi qu'une interconnexion électrique destinée à alimenter l'Italie à hauteur de 3 GW.

Le président égyptien exerce un contrôle strict sur les institutions, appuyé par l'armée, mais ce système de gouvernement autocratique fait peser un risque latent de troubles sociaux. Malgré l'amélioration de la situation économique, ce risque ne doit pas être écarté. D'autres pays de la région, comme le Maroc, ont connu d'importantes manifestations malgré une forte croissance économique, réclamant de meilleurs services sociaux. À l'avenir, la montée du mécontentement social, liée au chômage élevé des jeunes, au faible pouvoir d'achat, à la dépréciation de la monnaie et aux désaccords avec le pouvoir en place, pourrait déclencher des révoltes en faveur d'une réforme institutionnelle. Les risques sécuritaires liés aux conflits latents au Levant, en Libye, au Soudan, au Yémen et dans la Corne de l'Afrique constituent également un frein à la croissance.

Lluis Dalmau, Economiste pour le Moyen Orient et l’Afrique
Mis à jour en février 2026

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PIB 389,1 milliards USD (Classement mondial : 40, Banque mondiale 2025)
Population 116,5 millions (Classement mondial : 13, Banque mondiale 2025)
Forme de l'Etat Régime semi-présidentiel
Chef du gouvernement Abdel Fattah EL-SISI (Président)
Prochaines élections 2030 (Présidentielle et législative)
  • Des taux de croissance économique élevés, stimulés par la demande intérieure et extérieure
  • Des efforts déployés pour diversifier les canaux de financement et attirer les investissements internationaux
  • La dépréciation de la monnaie offre aux entreprises égyptiennes des opportunités de rivaliser sur la scène mondiale
  • Des taux d'inflation élevés, supérieurs à 10 %, continueront d'affecter le pouvoir d'achat des ménages.
  • Risque de troubles sociaux, alimenté par des problématiques telles que le chômage des jeunes, la qualité des services sociaux et les inégalités économiques.
  • Une économie fortement exposée aux risques géopolitiques de la région.

Structure commerciale par destination/origine

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Arabie Saoudite 9.8%
1
17% Chine
Turquie 8%
2
8.7% Arabie Saoudite
Émirats Arabes Unis 6.3%
3
7.6% Russie
Italie 6.2%
4
7.3% États-Unis
États-Unis 5%
5
4.6% Allemagne

Structure commerciale par produit

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Fruits et légumes 13.4%
1
11.1% Pétrole, produits pétroliers et matières connexes
Pétrole, produits pétroliers et matières connexes 12.2%
2
7.4% Céréales et préparations à base de céréales
Or non monétaire (à l'exclusion des minerais d'or et de leurs concentrés) 6.5%
3
4.9% Véhicules routiers
Vêtements et accessoires vestimentaires 6.3%
4
4.6% Fer et acier
Engrais autres que ceux du groupe 272 5%
5
4.2% Gaz, naturel et manufacture
Afrique