Maroc

Notation B1


Risque faible pour les entreprises

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

Risques conjoncturels

La croissance du PIB marocain devrait rester soutenue à +3,7 % en glissement annuel en 2026, puis à +3,5 % en 2027. Depuis 2023, le Maroc enregistre une forte croissance à +3,5 %, après une période de forte volatilité observée à la suite de la crise financière mondiale puis de la pandémie de Covid-19. Ce cycle d’expansion repose sur plusieurs moteurs. La production industrielle a enregistré plusieurs trimestres solides et devrait continuer de progresser, portée par la hausse des investissements étrangers dans l’industrie manufacturière, l’énergie et le secteur minier. La production agricole, pénalisée ces dernières années par une sécheresse prolongée, montre désormais des signes de reprise. Les arrivées touristiques devraient atteindre un nouveau record, avec une hausse de +20 % en 2026, notamment grâce à la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc en janvier 2026. La croissance devrait ensuite ralentir, avant de repartir à l’approche de la Coupe du monde 2030, qui se tiendra en partie au Maroc. La consommation des ménages et les dépenses publiques continuent de montrer des signes de résilience, soutenues par l’amélioration du moral des consommateurs et la hausse des recettes publiques. L’inflation devrait rester contenue à 1,0 % en glissement annuel en 2026, un niveau proche de celui de 2025, même si l’augmentation des dépenses liées aux événements footballistiques pourrait entraîner une légère hausse des prix de certains biens et services, notamment dans les activités de services.

Malgré cette solide performance macroéconomique, les entreprises et les ménages marocains restent confrontés à des défis importants. Les défaillances d’entreprises devraient se stabiliser en 2026, après une progression de +10 % en glissement annuel en 2025. Cette tendance s’explique principalement par les difficultés rencontrées dans le commerce de détail, l’immobilier et la construction. Les retards de paiement apparaissent comme un facteur majeur de défaillance des entreprises. Le chômage demeure l’un des principaux risques au Maroc, en particulier chez les jeunes, où il atteint 35 %. Les trois quarts de la population active travaillent dans le secteur informel et l’écart entre les zones rurales et les centres urbains continue de se creuser.

Les dépenses publiques ont augmenté ces dernières années, soutenues à la fois par la hausse des recettes et par un recours accru à l’endettement. Cette tendance pourrait se poursuivre après l’annonce par le gouvernement d’une augmentation des dépenses dans le secteur public, à la suite des manifestations de l’automne 2025 réclamant une amélioration des services publics, notamment dans la santé. Le service de la dette est resté inférieur à la moyenne africaine, autour de 3,7 % du PIB en 2025, et devrait se rapprocher de 3 % d’ici 2027. En mars 2025, le Maroc a émis deux euro-obligations de 2 milliards d’euros, à 4 et 10 ans, afin de soutenir les dépenses publiques en amont des événements sportifs organisés dans le pays au cours des cinq prochaines années.

Le ratio dette publique/PIB a atteint 70 % en 2024 et recule depuis. Il devrait s’établir à 65 % d’ici 2027, même si la baisse devrait être plus limitée qu’anticipé précédemment. Le Maroc a également fait preuve de prudence budgétaire, avec des déficits attendus en moyenne autour de 3 % du PIB jusqu’en 2027. S&P a relevé la note du Maroc en catégorie investment grade en septembre 2025, aux côtés de pays comparables comme la Hongrie et Oman. Le déficit devrait rester proche de son niveau actuel, passant d’une estimation de 4,2 % du PIB en 2024 à 4,9 % en 2025. Les spreads ont très bien évolué en 2025, le rendement de l’obligation souveraine à 10 ans se situant autour de 4,1 %, en dessous du 10 ans américain. Toutefois, plusieurs entreprises publiques restent fortement endettées et constituent un risque pour les perspectives. Le gouvernement a annoncé des projets de réforme les concernant.

La banque centrale du Maroc a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25 % lors de sa dernière réunion de 2025, contrairement à certaines attentes, confirmant ainsi une approche prudente alors qu’elle prévoit d’engager en 2026 une flexibilisation complète du dirham marocain. Celui-ci est actuellement arrimé à un panier euro dollar, avec une bande de fluctuation de ±5 %. En 2025, le dirham s’est apprécié de 9 % face au dollar, tout en se dépréciant légèrement face à l’euro. Les réserves internationales atteignent actuellement un niveau record, portées par la hausse des investissements directs étrangers, les recettes touristiques et des transferts de fonds toujours solides, qui se maintiennent à des niveaux records.

Les phosphates, principale exportation du Maroc, ont retrouvé une dynamique positive en 2025, avec une croissance de +20 % en glissement annuel après le ralentissement observé depuis la pandémie de Covid-19. Les ventes ont principalement été portées par les exportations de phosphate brut. Le Maroc dispose d’une opportunité importante pour accroître localement la valeur ajoutée de ses exportations. En 2026, la croissance devrait se poursuivre, soutenue par une demande mondiale toujours présente en raison du rôle stratégique des phosphates dans la sécurité alimentaire. Les coûts de l’énergie devraient continuer de suivre une trajectoire baissière. L’automobile constitue le deuxième grand poste d’exportation du Maroc, après les phosphates. L’économie nord-africaine figure aujourd’hui parmi les principaux exportateurs de voitures vers l’Union européenne, avec plus de 500 000 véhicules exportés en 2023, un niveau comparable à celui de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud. Le succès de l’industrie automobile marocaine repose sur plusieurs années d’investissements de constructeurs européens comme Renault et Stellantis, soucieux d’améliorer leur compétitivité-coût et de réduire les risques liés à la délocalisation. Début 2025, les exportations automobiles ont ralenti sous l’effet des dynamiques du marché européen et des droits de douane américains pesant sur l’ensemble du secteur automobile, même si la production nationale est restée solide.

Les principaux risques pesant sur les perspectives sont d’ordre politique, avec une vulnérabilité particulièrement marquée liée aux mobilisations sociales. En octobre 2025, le pays a été confronté à des mouvements portés par la génération Z, réclamant une amélioration des services de santé et des services publics. En réponse, le gouvernement a annoncé une hausse des dépenses consacrées à l’éducation et à la santé. Le projet de loi de finances 2026 présenté au Parlement réduit légèrement le budget global, tout en augmentant les dépenses sociales. Il intègre également une hausse des recettes issues de l’impôt sur les sociétés. Des élections législatives sont prévues en septembre 2026. Même si aucun changement majeur de politique économique n’est attendu, elles constituent le principal événement politique à suivre après les manifestations de l’an dernier. Enfin, le Maroc reste fortement exposé aux risques climatiques, compte tenu du poids de l’agriculture dans l’emploi.

Le Maroc poursuit activement un plan de développement de long terme visant à faire passer son niveau de revenu de la tranche inférieure à la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire. Bien que ce plan ne dispose pas des mêmes ressources en capital que ceux des pays du Golfe, il met l’accent sur la diversification, l’attraction des investissements et les énergies renouvelables comme priorités clés. Une part importante des dépenses est consacrée à des projets d’envergure, même si la santé et l’éducation, en particulier dans les zones non urbaines qui regroupent 35 % de la population, restent insuffisantes.

Le budget prévoit également des financements pour le développement du gazoduc atlantique ou d’un éventuel nouveau hub GNL. Sur le volet des énergies renouvelables, le gouvernement s’est concentré sur l’attraction d’investissements dans le solaire et l’hydrogène vert, en cohérence avec les objectifs de transition énergétique de l’Union européenne.

La France a récemment reconnu l’autonomie du Sahara occidental sous autorité marocaine, une position adoptée pour la première fois en 2020 par la première administration Trump. Rabat et Washington ont entretenu des relations étroites sous Trump. Fin 2025, l’administration Trump a soutenu deux entreprises marocaines afin de produire localement des matériaux clés pour les semi-conducteurs.

Lluis Dalmau, Economiste pour le Moyen Orient et l’Afrique
Mis à jour en février 2026

Faites glisser pour en voir plus

PIB 154.4 milliards USD (Classement mondial : 58, Banque mondiale 2025)
Population 38.1 millions (Classement mondial : 39, Banque mondiale 2025)
Forme de l'Etat Monarchie constitutionnelle
Chef du gouvernement Mohammed VI (Roi)
Prochaines élections 2026, Législative
  • Économie de plus en plus diversifiée et hub manufacturier en croissance pour l’Union européenne, déjà parmi les principaux fournisseurs automobiles de l’Europe
  • Politique étrangère alignée avec l’administration Trump
  • Potentiel pour devenir un hub énergétique reliant l’offre africaine à la demande européenne
  • Économie à deux vitesses, avec un écart intergénérationnel croissant, le chômage des jeunes dépassant 35 %
  • Forte exposition aux chocs climatiques
  • Les tensions diplomatiques avec l’Union européenne et l’Algérie resteront au cœur des priorités

Structure commerciale par destination/origine

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Espagne 24.1%
1
17.8% Espagne
France 19.6%
2
11.5% France
Italie 6.0%
3
10.1% Chine
Royaume-Uni 5.5%
4
7.9% Etats-Unis
Allemagne 5.4%
5
5.7% Allemagne

Structure commerciale par produit

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Véhicules routiers 17.4%
1
10.3% Pétrole, produits pétroliers et matières connexes
Machines et appareils électriques, n.c.a. 17.3%
2
10.1% Véhicules routiers
Légumes et fruits 14.9%
3
5.5% Machines et appareils électriques, n.c.a.
Articles d’habillement et accessoires du vêtement 12.3%
4
5.5% Fils textiles et produits connexes
Engrais hors groupe 272 9.4%
5
3.7% Céréales et préparations à base de céréales
Afrique